5 questions à… Claire Pedini

L’égalité femmes-hommes, un sujet au c?ur de la stratégie de Saint-Gobain. Claire Pedini, Directrice Générale Adjointe, Ressources humaines et Transformation digitale, répond à nos questions.

1/ L’égalité des chances entre hommes et femmes a progressé ces dernières années chez Saint-Gobain. Qu’est-ce qui a permis cette avancée ?

Claire Pedini : La diversité est l’un des quatre volets de notre programme Open, et il est essentiel : mixité, diversité des nationalités, des origines sociales, des formations, des parcours professionnels, diversité générationnelle ou handicap.? En ce qui concerne la mixité, nous avons mis en place un certain nombre de dispositifs pour encourager le recrutement féminin, mais aussi soutenir la progression des femmes à tous les niveaux du Groupe. Nous sommes ainsi passés de 17% de femmes cadres en 2010 à 24% aujourd’hui.? En revanche actuellement nous stagnons, il nous faut poursuivre nos efforts. Mais cette évolution a également été possible grace à une prise de conscience générale. Il est important que certains phénomènes de discrimination disparaissent de nos modes de recrutement et de management, que chacun comprenne que la diversité est une source de richesse pour l’entreprise. N’oublions pas que la moitié des talents sur Terre sont des femmes ! Alors ne nous en privons pas. Nous observons que toutes les réflexions et les progrès en matière d’égalité femmes-hommes tirent tout le monde vers le haut.?

2/ Quels sont les objectifs de Saint-Gobain aujourd’hui ?

Claire Pedini : Nos objectifs sont très clairs, nous visons 25% de cadres femmes en 2020 et 25% de femmes dirigeantes en 2025. Pour cela nous devons attirer et recruter davantage de femmes mais aussi mieux identifier les talents en interne et briser certains plafonds de verre. Nous avons besoin de l’aide de tous pour y arriver. Ce n’est pas gagné.

3/ Selon une étude LinkedIn (publiée en mai 2019), pour postuler une femme estime qu’elle doit répondre à 100 % des critères, là où un homme se contentera de 60 %. Comment chez Saint-Gobain souhaitez-vous encourager le recrutement des femmes ?

Claire Pedini : Il subsiste effectivement certains biais, conscients ou inconscients. Nous devons par exemple nous assurer que le descriptif de nos annonces d’emploi ne comporte aucun point discriminant. Les recruteurs et managers sont de plus en plus sensibilisés à l’avantage que représente l’embauche d’une femme. Ils doivent donc mener leurs entretiens en gardant cela à l’esprit. Nous voulons par ailleurs encourager les femmes à oser ! Si nous montrons que chez Saint-Gobain, les femmes osent et avancent, nous les encouragerons à postuler davantage dans nos différents métiers.

4/ Une fois en poste, certaines femmes sont confrontées à un certain paternalisme. Pouvez-vous nous expliquer ?

Claire Pedini : Une égalité femmes-hommes réelle requiert un changement de mentalité. Il faut accepter que les r?les sociaux changent. Les femmes sont encore trop souvent victimes de ce que j’appelle la ? bienveillance malveillante ?. Prenons l’exemple de la charge familiale. Un manager peut présupposer qu’une femme ne va pas souhaiter voyager ou prendre de nouvelles responsabilités du fait de sa maternité, pensant que c’est mieux pour elle. Or une femme, comme un homme, doit pouvoir décider elle-même de ce qui est le mieux pour elle, professionnellement et personnellement. C’est donc à tous les managers de veiller à cela.

5/ Personnellement, en tant que femme et aussi mère de famille, avez-vous l'impression d'avoir eu davantage à prouver qu'un homme ??

Claire Pedini : Oui, toujours ! Une femme doit systématiquement prouver plus pour obtenir la même chose qu’un homme. Elle doit bien plus s’imposer pour ne pas être interrompue quand elle parle, se justifier si elle a des contraintes horaires, etc. Et ce, alors même que son travail est accompli et apprécié. Une femme est très souvent renvoyée à sa condition de femme, et non professionnelle. C’est tout cela qui doit changer aujourd’hui.